Thérapie Émotionnelle – Lucie Arnulf

Fondements de la dynamique émotionnelle

Sommaire

La séméiologie affective

Pendant plusieurs décennies, le Docteur Étienne Jalenques va se baser sur ce qu’il nomme la séméiologie affective, c’est-à-dire l’observation, l’étude, le repérage des signaux affectifs, émotionnels, intersubjectifs et transsubjectifs qui se dévoilent et se jouent dans l’espace groupal.

« Dans les pluralités d’espaces psychiques qui coexistent et interfèrent entre elles », cf. René Kaës.

Le Docteur Jalenques va mettre en lumière et en jeu les transactions, les échanges, les signaux qui se révèlent dans le groupe pour le patient, entre les patients eux-mêmes et entre eux et le thérapeute. Il va développer et travailler sur ces échanges affectifs et émotionnels.

« Tout échange, toute relation, pour prendre vie ou rester vivante, se nourrit d’affects, de sentiments ou d’émotions, ce qui pose le problème d’une gestion bien tempérée des potentiels affectifs », selon lui.

La séméiologie affective porte ainsi l’attention sur ce qui se manifeste dans l’espace relationnel et groupal : les mouvements affectifs, les réactions, les échanges et les signaux qui apparaissent entre les sujets et dans la relation avec le thérapeute.

L’expression émotionnelle

Ce qu’il constate chez nos patients, c’est l’immobilisation, l’entrave de l’expression émotionnelle, comme interdite de cité ou bien tout simplement méconnue, plutôt « insue » qu’inconsciente, précise le fondateur de la DEE, c’est-à-dire ignorée du sujet qui ne sent pas toujours qu’il sent ou qui ne sent pas toujours ce qu’il sent.

La Dynamique Émotionnelle considère l’émotion comme un élément de base incontournable de la vie affective. L’émotion permet à chacun d’être compris et de comprendre les autres, par le partage universel qu’elle représente. Elle est une transmission directe d’une intériorité unique, immédiatement saisissable et elle initie la naissance des sentiments, avec la réponse, l’adaptation à l’autre et à l’environnement.

Nous parlons aujourd’hui d’intelligence émotionnelle. Si cette intelligence n’est pas prise en compte, acquise, le sujet est coupé de lui-même, lobotomisé en quelque sorte, tout du moins appauvri d’une part qui est une richesse humaine en soi.

L’expression émotionnelle occupe ainsi une place centrale dans la Dynamique Émotionnelle. Elle permet de travailler directement la dimension affective de l’expérience, plutôt que de la comprendre et de la commenter uniquement sur le plan intellectuel. Le site de la Dynamique Émotionnelle présente d’ailleurs l’expression des émotions comme une voie majeure de travail de l’affectivité.

Affect, émotion et sentiment

La plupart des analystes regroupent sous le terme d’affect les différents aspects de la vie affective : la DEE s’emploiera à travailler dans les trois dimensions de l’affect, de l’émotion et du sentiment.

L’affect est la sève de la vie psychique (Jalenques) : lié au statut de la représentation, il correspond à ce qui nous touche et nous habite.

L’émotion, liée à l’énergie psychique, agit comme un signal de désynchronisation organo-psychique. Elle témoigne d’un décalage qui engage à la fois le corps et la vie psychique.

Le sentiment constitue une production personnelle issue du vécu et de la structure particulière de chacun. Il notifie la relation de soi à soi et de soi à l’autre comme « fondements de l’être ».

La Dynamique Émotionnelle articule ainsi les dimensions de l’affect, de l’émotion et du sentiment dans son approche de la vie affective.

La désynchronisation affective

L’émotion, pour E. Jalenques, serait le signe d’un décalage entre les différents niveaux de fonctionnement qui montre « l’état de désynchronisation de l’affectif par rapport au réel extérieur ».

D’un point de vue métapsychologique,  pourrions-nous dire que cette désynchronisation marque l’instant « T » du surgissement de l’affect, expression d’une pulsion en attente de représentation ?

La désynchronisation affective permet ainsi de penser l’émotion comme un signal de ce qui se joue dans la vie affective. Elle met en relation ce qui est vécu intérieurement avec ce qui se présente dans la réalité extérieure.

Dans le travail thérapeutique, l’émotion constitue alors un point d’accès à ce qui se joue dans l’expérience du sujet.

L’intersubjectivité affective mutuelle

La Dynamique Émotionnelle accorde une place centrale à la relation entre les sujets. Cette dimension est aujourd’hui pensée à travers le concept d’Intersubjectivité Affective Mutuelle.

Les relations sont vécues sur le plan affectif, entre deux sujets qui se reconnaissent mutuellement et communiquent. L’affectivité n’est donc pas seulement considérée comme une expérience intérieure individuelle : elle se manifeste et se transforme également dans la relation.

Cette conception permet de prendre en compte ce qui se joue entre le patient et le thérapeute, mais également entre les participants d’un groupe.

La relation devient ainsi un espace dans lequel les mouvements affectifs peuvent être observés, éprouvés et travaillés.

Le groupe comme espace thérapeutique

Le groupe occupe une place essentielle dans la Dynamique Émotionnelle. Il constitue un espace dans lequel les mouvements affectifs, émotionnels et relationnels deviennent directement accessibles dans l’expérience.

La présence des autres, leurs réactions, les résonances suscitées par leurs paroles et leurs émotions participent au travail thérapeutique.

Le groupe est également soutenant et contenant. Il permet au patient de rencontrer son expérience affective dans un espace relationnel où ce qui se joue entre les sujets devient une partie du travail.

La Dynamique Émotionnelle s’intéresse ainsi à ce qui se manifeste pour le patient, entre les patients eux-mêmes et dans la relation avec le thérapeute.

Cette dimension groupale permet d’observer les phénomènes intersubjectifs et transsubjectifs qui traversent l’espace du groupe.

Les fondements métapsychologiques

La Dynamique Émotionnelle Exprimée s’appuie sur des références issues de la psychologie, de la psychiatrie, de la psychopathologie et de la psychanalyse. La formation actuelle distingue toutefois les théories psychanalytiques générales des fondements métapsychologiques propres à la Dynamique Émotionnelle Exprimée.

Les théories psychanalytiques permettent notamment de penser l’inconscient, la réalité psychique, la pulsion, la représentation et l’organisation de la vie psychique. Les théories psychanalytiques des groupes, notamment les travaux de René Kaës et de Didier Anzieu, permettent également de penser les différents espaces psychiques qui coexistent et interfèrent dans le groupe.

La Dynamique Émotionnelle développe à partir de ces références une conception propre de l’affectivité et de son expression. Elle articule l’expérience individuelle, la relation et les phénomènes groupaux dans le travail thérapeutique.

Le site de l’Institut distingue également, dans l’enseignement spécifique de la DEE, les émotions, affects et sentiments, les fondements métapsychologiques de la méthode et les techniques utilisées.

Conclusion

Les fondements de la Dynamique Émotionnelle reposent sur une conception de la vie psychique dans laquelle l’affectivité occupe une place centrale.

La séméiologie affective, l’expression émotionnelle, l’articulation entre affect, émotion et sentiment, la désynchronisation affective, l’Intersubjectivité Affective Mutuelle et le travail groupal constituent des éléments essentiels de cette approche.

La Dynamique Émotionnelle prend en compte ce qui se manifeste dans l’expérience du sujet, dans la relation et dans l’espace groupal. Elle porte une attention particulière aux mouvements affectifs, aux échanges et aux phénomènes intersubjectifs et transsubjectifs.

Ces fondements théoriques soutiennent une pratique thérapeutique dans laquelle l’affectivité et son expression occupent une place centrale.

 

Lucie Arnulf
Thérapeute en Dynamique Émotionnelle
Mail : conscience.emotionnelle@gmail.com
Réservation possible via Calendly et/ou par téléphone 06 12 33 13 39

 

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