Thérapie Émotionnelle – Lucie Arnulf

Pourquoi je n’arrive pas à exprimer ma colère

Un homme semble retenir son agacement pendant qu’une femme s’exprime vivement derrière lui. Une scène qui illustre la difficulté à exprimer sa colère et à poser ses limites.
Retenir sa colère et ne pas parvenir à dire ce que l’on ressent.

« Sur le moment, je ne dis rien. Je reste calme. Puis, quelques heures plus tard, je repense à la scène et je suis furieux. »

« Je sais que cette personne a dépassé une limite, mais je n’arrive pas à lui dire. »

« Je dis oui alors que j’ai envie de dire non. »

« Je prends sur moi et, ensuite, je rumine. »

Mais pourquoi je n’arrive pas à exprimer ma colère ?

Cette difficulté est fréquente chez les personnes qui ont appris à retenir leurs émotions pour préserver le lien avec les autres. Elles ont souvent développé une grande capacité d’adaptation : comprendre, pardonner, relativiser, éviter les conflits, répondre aux attentes.

Elles sont très attentives à ce que ressentent les autres. Elles perçoivent leurs réactions, anticipent leurs attentes et s’y adaptent. En revanche, leurs propres émotions passent au second plan.

Pourtant, la colère est là. Elle se fait sentir dans le corps, dans les pensées, dans les ruminations, dans l’irritabilité ou dans une fatigue qui s’installe.

Qu’est-ce qui empêche alors de dire ce que l’on ressent ?

Lorsque la colère reste contenue, une tension intérieure s’installe. Elle se manifeste par des ruminations, de l’irritabilité, des pleurs, de l’épuisement ou une colère retournée contre soi.

Pourquoi est-il si difficile d’exprimer sa colère ?

La colère affirme quelque chose.

Elle dit qu’une limite a été franchie, qu’une situation est vécue comme injuste, qu’un comportement nous blesse ou que quelque chose doit s’arrêter.

Pour l’enfant que nous avons été, exprimer cette émotion n’est pas toujours possible.

Lorsqu’il découvre que sa colère dérange, provoque une punition ou menace le lien avec ses parents, il apprend à la retenir.

« Ne réponds pas. » « Arrête de faire des histoires. » « Sois gentil. » « Tu n’as aucune raison d’être en colère. »

À force, l’enfant apprend à ne plus montrer ce qu’il ressent. Il devient attentif aux émotions des autres et s’adapte à leurs demandes.

Cette manière de fonctionner se poursuit à l’âge adulte.

La rétention est devenue automatique.

La personne prend sur elle, accepte, se tait. Sur le moment, elle ne ressent parfois même pas clairement sa colère. Elle la retrouve plus tard sous forme de pensées répétitives, d’agacement ou de tension.

Quand la peur empêche d’exprimer sa colère

Chez certaines personnes, la colère déclenche immédiatement une peur.

Peur du conflit, du rejet, de blesser, de perdre l’autre.

La personne sait parfois exactement ce qu’elle voudrait dire. Pourtant, au moment de parler, elle se tait.

Elle pense :

« Il va mal le prendre. » « Elle va m’en vouloir. » « Je vais provoquer une dispute. » « Je risque de perdre cette relation. »

La priorité devient alors de maintenir le lien plutôt que de dire ce qui est ressenti.

C’est ainsi qu’une personne peut accepter une situation qui lui fait du mal tout en ressentant intérieurement une colère importante.

Elle protège la relation en se faisant taire.

Pourquoi est-ce que je me sens coupable d’être en colère ?

La culpabilité constitue souvent un obstacle majeur à l’expression de la colère.

Certaines personnes ont construit leur identité autour de la gentillesse, de la compréhension et de la disponibilité. Elles supportent difficilement l’idée de déplaire.

Dès que la colère apparaît, elles se demandent :

« Est-ce que j’exagère ? » « Est-ce que je suis injuste ? » « Est-ce que je suis égoïste ? »

Elles se mettent immédiatement à la place de l’autre, parfois à leurs propres dépens.

Elles cherchent ses raisons, ses blessures, ses difficultés.

Elles comprennent. Mais à force de comprendre l’autre, elles ne savent plus ce qu’elles ressentent elles-mêmes.

Elles n’ont pas appris qu’on peut aimer quelqu’un et être en colère contre lui.

Qu’on peut comprendre son comportement et ne pas l’accepter.

Qu’on peut ressentir de l’empathie et poser une limite.

La colère ne supprime ni l’amour ni l’empathie.

Pourquoi ma colère arrive-t-elle après coup ?

Certaines personnes ne découvrent leur colère qu’une fois la situation terminée.

Pendant l’échange, elles restent calmes. Elles répondent normalement. Elles ne trouvent pas les mots.

Puis, seules, elles repensent à ce qui s’est passé.

La tension monte.

Elles rejouent la scène.

Elles trouvent enfin les phrases qu’elles auraient voulu prononcer.

« J’aurais dû lui dire ça. » « Pourquoi je n’ai rien répondu ? » « Je n’aurais jamais dû accepter. »

La colère arrive avec retard.

Elle n’était pas absente. Elle n’a pas trouvé sa voie au moment où elle est apparue.

La rumination devient alors une manière de continuer intérieurement une situation qui n’a pas pu aller jusqu’à son expression.

Quand la colère se transforme en tristesse ou se retourne contre soi

La colère retenue ne prend pas toujours la forme d’une colère consciente.

Elle peut laisser place à la tristesse.

Une personne qui aurait besoin de se défendre peut pleurer. Une personne qui aurait besoin de dire non peut se sentir impuissante. Une personne qui ne parvient pas à exprimer son désaccord peut se dévaloriser.

La colère peut aussi se retourner contre soi.

« Pourquoi est-ce que je me laisse faire ? » « Pourquoi je n’arrive jamais à me défendre ? » « Je suis vraiment nul. »

La personne souffre alors de ce qui lui a été fait, puis de sa propre réaction face à ce qui lui a été fait.

Elle ne dirige pas sa colère vers l’extérieur. Elle la retourne contre elle-même.

Travailler sa colère en thérapie émotionnelle

En Dynamique Émotionnelle, le travail permet d’accéder au ressenti et autorise la personne à se rapprocher de ce qu’elle éprouve réellement.

La personne apprend progressivement à ne plus interrompre immédiatement ce qui se passe en elle par la pensée, la justification ou la compréhension de l’autre.

Le travail émotionnel permet d’aller au-delà du récit de la situation pour accéder à ce qui est réellement ressenti : la colère, la peur, la tristesse, l’impuissance, l’injustice ou la blessure.

La Dynamique Émotionnelle permet ainsi de se libérer des blocages qui empêchent de ressentir et de dire ce qui est là.

Ce travail donne une place à ce qui a longtemps été retenu. La personne retrouve un accès plus direct à ses émotions et à ce qu’elles viennent dire de son vécu.

Elle peut alors poser ses limites, dire non, exprimer son désaccord et se défendre sans avoir à tout remettre en question immédiatement.

Travailler sa colère en thérapie émotionnelle, c’est aussi se libérer de ce qui oblige à prendre sur soi, à se taire et à retourner contre soi ce qui demande à être dit.

 

Lucie Arnulf
Thérapeute en Dynamique Émotionnelle
Mail : conscience.emotionnelle@gmail.com
Réservation possible via Calendly et/ou par téléphone : 06 12 33 13 39

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