
Pleurer sans raison apparente peut surprendre, surtout lorsque les larmes surgissent sans que l’on sache ce qui les provoque. On peut se sentir triste, bouleversé ou submergé sans parvenir à identifier l’émotion à l’origine des pleurs.
Pourtant, l’absence de raison consciente ne signifie pas l’absence de raison émotionnelle. Les larmes peuvent exprimer quelque chose que la personne ne parvient pas encore à reconnaître ou à mettre en pensée.
Les larmes expriment-elles toujours une émotion ?
Les pleurs sont une manifestation émotionnelle. Ils peuvent accompagner la tristesse, la douleur, la colère, la frustration, la peur, le soulagement ou encore une émotion de joie.
Mais pleurer ne signifie pas nécessairement être en contact avec l’émotion qui se manifeste. Certaines personnes pleurent « sans aucune raison » disent-elles. Est-elle triste, en colère, blessée ou angoissée ? « Je ne sais pas« !. Les larmes sont là, parfois très présentes, tandis que l’émotion qui leur est liée reste difficilement accessible.
Il existe ainsi un écart entre l’émotion qui s’exprime et le ressenti intérieur.
Pleurer sans savoir ce que l’on ressent
Certaines personnes vivent leurs émotions de manière très intense sans parvenir à les identifier. Le bouleversement est là, les larmes aussi, mais la raison de l’émotion reste inaccessible.
Cependant, elle se manifeste dans le corps : larmes, gorge serrée, oppression, boule dans le ventre. La personne ressent sans être en contact avec l’émotion qui se manifeste.
Les larmes peuvent alors exprimer une émotion qui n’est pas encore identifiée.
Quand l’émotion reste à distance
Pour certains, il a fallu apprendre très tôt à retenir ses émotions. D’autres, face à des situations douloureuses, la coupure émotionnelle s’est installée comme une protection.
Cette coupure peut prend différentes formes, comme celle d’une anesthésie affective. Une partie de la vie émotionnelle devient moins accessible. Certains affects ne sont plus ou pas reconnus, tout en provoquant des manifestations physiologiques et corporelles.
Cette anesthésie éloigne la personne de ses propres ressentis. La vie affective n’a disparu : elle devient moins accessible à l’expérience consciente.
Cependant, les pleurs surgissent sans raison apparente.
Pourquoi certaines personnes pleurent-elles beaucoup alors qu’elles ne ressentent rien ?
Cette apparente contradiction s’explique par le fait que l’expression d’une émotion et l’accès conscient à cette émotion ne coïncident pas toujours.
Dans certaines formes d’anesthésie affective, les larmes sont alors la manifestation visible d’une émotion qui reste inaccessible à la conscience.
Le corps exprime ce que la conscience émotionnelle ne parvient pas encore à reconnaître.
Quand une émotion ancienne se réveille
Une émotion ne disparaît pas simplement parce qu’un événement appartient au passé.
Certains événements douloureux, non élaborés, laissent une trace émotionnelle qui reste active longtemps après les faits. Une situation présente peut réactiver les émotions liées à l’expérience passée.
Les émotions sont intemporelles : une émotion non élaborée reste vivante et agit au présent comme au premier jour.
Une parole, une attitude, une séparation, une rencontre, une situation de rejet ou une expérience de perte peuvent ainsi réveiller une émotion ancienne sans que la personne fasse immédiatement le lien avec son histoire.
Les larmes semblent alors apparaître « sans raison », alors qu’elles s’inscrivent dans une histoire émotionnelle plus vaste que la situation présente.
Quand les larmes prennent la place de l’émotion
Il arrive également que les pleurs soient devenus une manière habituelle d’exprimer un mal-être sans que l’émotion sous-jacente soit véritablement vécue et reconnue.
La personne pleure lorsqu’elle est contrariée, lorsqu’elle se sent rejetée, lorsqu’elle est en conflit ou lorsqu’elle ressent une frustration, mais elle ne parvient pas à identifier la colère, la peur, la tristesse ou la douleur qui se trouvent derrière ses larmes.
Les pleurs deviennent alors une voie d’expression émotionnelle dont le sens reste encore à retrouver.
L’objectif n’est pas simplement de faire disparaître les pleurs. Il s’agit de retrouver ce qui s’exprime à travers eux.
Le corps comme voie d’expression
Lorsque certaines émotions sont mises à distance, le corps reste néanmoins engagé dans l’expérience affective. Une tension, une oppression, une boule dans la gorge, une fatigue intense ou des pleurs peuvent exprimer ce qui n’a pas trouvé de voie d’expression psychique.
Le corps reste ainsi un lieu d’expression des éprouvés qui n’ont pas encore trouvé leur place dans la vie psychique.
Cette expression corporelle ne signifie pas que la personne invente ses symptômes ou qu’elle les contrôle volontairement. Le corps participe directement à l’expression de l’état émotionnel.
Le travail en thérapie émotionnelle
Lorsque des émotions ont été longtemps mises à distance, entrer à nouveau en contact avec elles peut être déstabilisant, voire angoissant. En thérapie émotionnelle, nous permettons aux personnes de s’approcher progressivement de leurs émotions, dans un cadre sécurisant et au rythme de ce qu’elles sont en mesure d’éprouver.
Le travail thérapeutique se construit dans une relation humaine, de personne à personne. Le thérapeute accueille ce qui se manifeste et accompagne la personne dans son vécu émotionnel.
Le travail en Dynamique Émotionnelle se construit dans l’intersubjectivité. En séance individuelle, cette dynamique se déploie dans la relation entre le thérapeute et le patient et dans le groupe, entre le thérapeute et les patients, mais aussi entre les patients eux-mêmes.
Les émotions exprimées peuvent résonner chez une autre et l’amener à entrer en contact avec des souvenirs, des affects et des émotions de sa propre histoire. Ces résonances permettent d’accéder à des pans affectifs « négligés » de son propre vécu et ouvrent une voie vers la libération émotionnelle.
L’expression émotionnelle permet de retrouver progressivement le lien entre ce qui se manifeste, ce qui est éprouvé et ce qui appartient à l’histoire de la personne.
Les larmes sont une expression du vécu de la personne. Elles ouvrent un chemin vers une émotion jusque-là difficile à exprimer.
Le travail thérapeutique consiste à accompagner cette expression.
Conclusion
Pleurer sans raison apparente ne signifie pas qu’il n’en existe pas. Les larmes expriment parfois une émotion encore inconnue, avec laquelle nous ne sommes pas en contact.
Une anesthésie affective crée parfois un décalage entre ce qui s’exprime et ce qui est ressenti. Une personne pleure sans parvenir à identifier ce qui se joue en elle.
Le travail thérapeutique permet de se remettre en contact avec ses émotions, de faire des liens avec son histoire et de laisser s’exprimer ce qui était resté jusque-là inaccessible.
Vous pleurez souvent sans comprendre ce qui déclenche vos larmes ? Vous avez le sentiment d’être coupé de certaines de vos émotions ?
Contactez-moi pour un premier échange et engagez un travail thérapeutique au cabinet à Paris 16e ou en consultation à distance.
Lucie Arnulf
Thérapeute en Dynamique Émotionnelle
Sur rendez-vous : 06 12 33 13 39
Mail : conscience.emotionnelle@gmail.com