Thérapie Émotionnelle – Lucie Arnulf

Pourquoi je pleure sans raison ?

Femme assise sur un ponton face à la mer, les yeux en larmes

Pleurer sans raison apparente peut surprendre, surtout lorsque les larmes surgissent sans que l’on sache ce qui les provoque. On peut se sentir triste, bouleversé ou submergé sans parvenir à identifier l’émotion à l’origine des pleurs.

Pourtant, l’absence de raison consciente ne signifie pas l’absence de raison émotionnelle. Les larmes peuvent exprimer quelque chose que la personne ne parvient pas encore à reconnaître ou à mettre en pensée.

Les larmes expriment-elles toujours une émotion ?

Les pleurs sont une manifestation émotionnelle. Ils peuvent accompagner la tristesse, la douleur, la colère, la frustration, la peur, le soulagement ou encore une émotion de joie.

Mais pleurer ne signifie pas nécessairement être en contact avec l’émotion qui se manifeste. Une personne peut pleurer beaucoup sans savoir si elle est triste, en colère, blessée ou angoissée. Les larmes sont là, parfois très présentes, tandis que l’émotion qui leur est liée reste difficilement accessible.

Il existe ainsi un écart entre ce qui s’exprime et ce qui est ressenti consciemment.

Pleurer sans savoir ce que l’on ressent

Certaines personnes vivent leurs émotions de manière très intense, mais n’arrivent pas à les identifier. Elles savent qu’elles pleurent, qu’elles ont la gorge serrée ou qu’elles sont bouleversées, sans parvenir à reconnaître ce qui se passe en elles.

L’expression émotionnelle ne passe pas toujours immédiatement par une représentation claire ou par des mots. Le corps peut exprimer ce que la personne ne parvient pas encore à reconnaître psychiquement.

Les larmes donnent alors une forme visible à un vécu qui reste en partie inaccessible.

Quand l’émotion reste à distance

Certaines personnes ont appris très tôt à retenir leurs émotions. D’autres ont rencontré des situations douloureuses face auxquelles la coupure émotionnelle s’est installée comme une protection.

Cette coupure peut prendre la forme d’une anesthésie affective. Une partie de la vie émotionnelle devient moins accessible. La personne ressent moins certains affects ou ne les reconnaît plus clairement, tout en continuant à en éprouver les manifestations corporelles.

Cette anesthésie éloigne la personne de ses propres ressentis. Elle ne signifie pas que la vie affective a disparu : elle devient moins accessible à l’expérience consciente.

Les pleurs peuvent alors surgir sans que l’émotion qui les accompagne soit clairement identifiée.

Pourquoi certaines personnes pleurent-elles beaucoup alors qu’elles ne ressentent rien ?

Cette apparente contradiction s’explique par le fait que l’expression d’une émotion et l’accès conscient à cette émotion ne coïncident pas toujours.

Une personne peut avoir souvent les larmes aux yeux, pleurer devant une remarque, une séparation ou une situation apparemment banale, tout en affirmant : « Je ne sais pas pourquoi je pleure » ou « Je ne suis même pas triste ».

Les larmes constituent alors une manifestation accessible de quelque chose qui reste moins accessible sur le plan affectif.

Dans certaines formes d’anesthésie affective, la personne se trouve ainsi davantage en contact avec les manifestations de son émotion qu’avec l’émotion elle-même. Le corps exprime ce que la conscience émotionnelle ne parvient pas encore à reconnaître.

Quand une émotion ancienne se réveille

Une émotion ne disparaît pas simplement parce qu’un événement appartient au passé.

Certains événements douloureux, non élaborés, laissent une trace émotionnelle qui reste active longtemps après les faits. Une situation présente peut alors réactiver les émotions liées à l’expérience passée.

Les émotions sont intemporelles : une émotion non élaborée reste vivante et agit au présent comme au premier jour.

Une parole, une attitude, une séparation, une rencontre, une situation de rejet ou une expérience de perte peuvent ainsi réveiller une émotion ancienne sans que la personne fasse immédiatement le lien avec son histoire.

Les larmes semblent alors apparaître « sans raison », alors qu’elles s’inscrivent dans une histoire émotionnelle plus vaste que la situation présente.

Quand les larmes prennent la place de l’émotion

Il arrive également que les pleurs soient devenus une manière habituelle d’exprimer un mal-être sans que l’émotion sous-jacente soit véritablement vécue et reconnue.

La personne pleure lorsqu’elle est contrariée, lorsqu’elle se sent rejetée, lorsqu’elle est en conflit ou lorsqu’elle ressent une frustration, mais elle ne parvient pas à identifier la colère, la peur, la tristesse ou la douleur qui se trouvent derrière ses larmes.

Les pleurs deviennent alors une voie d’expression émotionnelle dont le sens reste encore à retrouver.

L’objectif n’est pas simplement de faire disparaître les pleurs. Il s’agit de retrouver ce qui s’exprime à travers eux.

Le corps comme voie d’expression

Lorsque certaines émotions sont mises à distance, le corps reste néanmoins engagé dans l’expérience affective. Une tension, une oppression, une boule dans la gorge, une fatigue intense ou des pleurs peuvent exprimer ce qui n’a pas trouvé de voie d’expression psychique.

Le corps reste ainsi un lieu d’expression des éprouvés qui n’ont pas encore trouvé leur place dans la vie psychique.

Cette expression corporelle ne signifie pas que la personne invente ses symptômes ou qu’elle les contrôle volontairement. Le corps participe directement à l’expression de l’état émotionnel.

Le travail en thérapie émotionnelle

Lorsque des émotions ont été longtemps mises à distance, entrer à nouveau en contact avec elles peut être déstabilisant, voire angoissant. En thérapie émotionnelle, nous permettons aux personnes de s’approcher progressivement de leurs émotions, dans un cadre sécurisant et au rythme de ce qu’elles sont en mesure d’éprouver.

Le travail thérapeutique se construit dans une relation humaine, de personne à personne. Le thérapeute accueille ce qui se manifeste et accompagne la personne dans son vécu émotionnel.

Le travail en Dynamique Émotionnelle se construit dans l’intersubjectivité. En séance individuelle, cette dynamique se déploie dans la relation entre le thérapeute et le patient et dans le groupe, entre le thérapeute et les patients, mais aussi entre les patients eux-mêmes.

Les émotions exprimées par une personne peuvent résonner chez une autre et l’amener à entrer en contact avec des souvenirs, des affects et des émotions de sa propre histoire. Ces résonances permettent d’accéder à des pans affectifs « négligés » de son propre vécu et ouvrent une voie vers la libération émotionnelle.

L’expression émotionnelle permet alors de retrouver progressivement le lien entre ce qui se manifeste, ce qui est éprouvé et ce qui appartient à l’histoire de la personne.

Pourquoi les pleurs peuvent-ils apparaître pendant une thérapie ?

Lorsque le travail thérapeutique permet de retrouver l’accès à des émotions longtemps mises à distance, les larmes peuvent apparaître.

Elles ne constituent pas nécessairement un signe de tristesse. Elles peuvent accompagner une douleur retrouvée, une colère, une peur, un soulagement ou l’émergence d’un vécu jusque-là resté hors du champ de la conscience.

Pleurer dans la relation thérapeutique permet parfois à une émotion longtemps retenue de trouver enfin une voie d’expression.

Le travail consiste alors à laisser cette expérience se déployer au rythme de la personne et à l’accompagner dans ce qu’elle fait émerger.

Conclusion

Pleurer sans raison apparente ne signifie pas qu’il n’existe aucune raison. Les larmes expriment parfois une émotion dont la personne n’a pas encore retrouvé l’accès.

Une anesthésie affective peut également créer un décalage entre ce qui s’exprime et ce qui est ressenti. Une personne peut pleurer sans parvenir à identifier l’affect qui accompagne ses larmes.

Le travail thérapeutique permet progressivement de retrouver le lien entre le corps, l’affect, l’émotion et l’histoire personnelle, afin que ce qui s’exprimait jusque-là de manière indirecte puisse trouver une voie d’expression plus consciente et plus libre.

Prendre rendez-vous

Vous pleurez souvent sans comprendre ce qui déclenche vos larmes ? Vous avez le sentiment d’être coupé de certaines de vos émotions ?

Contactez-moi pour un premier échange et engagez un travail thérapeutique au cabinet à Paris 16e ou en consultation à distance.

Lucie Arnulf
Thérapeute en Dynamique Émotionnelle
Sur rendez-vous : 06 12 33 13 39
Mail : conscience.emotionnelle@gmail.com

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