Thérapie émotionnelle pour enfants

Votre enfant fait des colères, s’oppose, pleure souvent, semble anxieux, s’agite, se replie ou rencontre des difficultés à l’école ?
Vous avez peut-être essayé de comprendre ce qui lui arrive, de discuter avec lui, de poser des limites ou de modifier certaines choses à la maison, sans parvenir à saisir ce qui se joue réellement.
Et parfois, plus les adultes cherchent à faire disparaître le comportement, plus celui-ci semble revenir.
En thérapie émotionnelle, le comportement de l’enfant n’est pas considéré comme quelque chose qu’il faudrait corriger. Il peut être une manière, pour l’enfant, d’exprimer quelque chose qu’il ne parvient pas encore à mettre en mots.
L’objectif est alors de chercher ce qui se passe derrière ce que l’enfant montre, sans le réduire à son comportement ni chercher un responsable.
Quand le comportement de l’enfant devient difficile à comprendre
Un enfant peut exprimer beaucoup de colère voire de la rage, sans que les parents comprennent son comportement.
Il peut se mettre à pleurer pour une raison qui semble disproportionnée, refuser systématiquement certaines situations, se montrer agressif, bouger sans arrêt ou, au contraire, devenir particulièrement silencieux et se retirer.
Il peut également rencontrer des difficultés de concentration ou d’apprentissage.
Pour les parents, ces réactions peuvent être déconcertantes. Elles peuvent susciter de l’inquiétude, de l’impuissance ou de l’épuisement.
On peut alors se demander :
Que se passe-t-il pour mon enfant ?
Qu’est-ce qu’il ressent ?
Qu’est-ce qu’il ne parvient pas à dire ?
Pourquoi réagit-il de cette manière alors que nous essayons de l’aider ?
En général, l’enfant lui-même ne comprend pas ce qui lui arrive.
Une souffrance, une tension émotionnelle ou une expérience difficile peuvent s’exprimer à travers le comportement lorsque l’enfant ne dispose pas encore des mots ou des ressources psychiques nécessaires pour les exprimer autrement.
Cela ne signifie pas qu’il existe nécessairement une cause unique à chaque comportement. Un même comportement peut avoir des significations différentes selon l’enfant et selon ce qu’il vit.
L’enjeu n’est donc pas d’interpréter systématiquement chaque colère, chaque pleur ou chaque opposition, mais de permettre à l’enfant d’explorer ce qui se passe pour lui.
L’enfant apprend très tôt à s’adapter
Dès le début de sa vie, l’enfant dépend entièrement des adultes qui prennent soin de lui. Ils le nourrissent, le protègent, le soignent et le rassurent. Leur présence et leur regard sont essentiels à la construction de son sentiment de sécurité.
Le lien avec ceux dont il dépend est donc vital. Pour l’enfant, préserver cette relation, c’est aussi préserver le sentiment d’être aimé et de pouvoir continuer à l’être.
Très tôt, l’enfant perçoit ce qui favorise la sécurité dans la relation et ce qui risque de la fragiliser. Il apprend ce qu’il peut exprimer, ce qu’il doit retenir, ce qui suscite l’attention ou, au contraire, le rejet ou la colère.
Il va ainsi progressivement adapter son comportement aux exigences de son environnement pour maintenir un sentiment de sécurité. Ces adaptations sont souvent inconscientes et se construisent très tôt. Elles permettent à l’enfant de faire face à ce qu’il vit avec les moyens psychiques dont il dispose.
L’enfant peut ainsi adopter certaines manières d’être : être sage, faire plaisir, réussir, ne pas déranger, éviter les conflits ou prendre soin des autres. Il peut également retenir ou cacher certaines émotions.
À un moment donné de son développement, ces adaptations peuvent être nécessaires. Mais ce qui l’a aidé à s’adapter peut aussi, avec le temps, prendre une place importante dans la manière dont il se perçoit.
Quand l’enfant finit par confondre ce qu’il fait avec ce qu’il est
Un enfant dont la valeur est liée à ses réussites ou à ses échecs peut progressivement avoir le sentiment que celle-ci dépend de ce qu’il fait.
Un enfant qui apprend qu’il est aimé lorsqu’il fait plaisir peut finir par croire qu’il doit faire plaisir pour être aimé.
Un enfant qui comprend que sa colère dérange peut apprendre à la retenir et à ne plus s’autoriser à l’exprimer.
Si l’enfant se sent obligé de répondre aux attentes parentales il peut progressivement perdre le contact avec ses désirs profonds.
Peu à peu, faire et être se confondent.
Ce que l’enfant fait pour préserver le lien devient une manière de se définir.
Les identifications qui se construisent au cours du développement peuvent alors créer une tension entre ce que l’enfant ressent et ce qu’il s’autorise à être.
Quand une émotion ne trouve pas encore ses mots
L’enfant n’a pas toujours les moyens de dire :
« Je suis en colère parce que je me suis senti rejeté. »
Il peut simplement crier.
Il peut taper, refuser, provoquer, pleurer, s’agiter ou se refermer.
Lorsqu’une émotion ne peut pas être exprimée directement, elle trouve d’autres voies d’expression.
Le comportement devient alors le langage d’une émotion qui n’a pas encore trouvé ses mots.
Cela ne signifie pas que chaque comportement possède une signification cachée qu’il faudrait absolument découvrir.
Cela signifie plutôt que nous pouvons nous demander ce que l’enfant vit, ce qu’il ressent et ce qu’il ne parvient peut-être pas encore à exprimer.
Lorsque l’enfant prend pour lui ce qui appartient à l’autre
L’enfant ne possède pas les mêmes capacités de compréhension et de mise à distance qu’un adulte.
Il perçoit la tristesse, la colère, l’absence ou les difficultés d’un parent sans comprendre qu’elles appartiennent à l’histoire ou à la situation de cet adulte.
Il prend alors pour lui ce qui appartient à l’autre.
Imaginons une mère très triste, qui se montre moins disponible pour son enfant.
Un adulte peut comprendre :
« Ma mère est triste et cette tristesse l’empêche d’être disponible pour moi. »
L’enfant peut vivre quelque chose de beaucoup plus direct :
« Si elle ne me regarde pas, c’est que je ne mérite pas d’être regardé. Elle est triste à cause de moi… »
Ce qui appartient à l’autre peut alors être vécu par l’enfant comme quelque chose qui serait de sa faute. Ces interprétations transforment son vécu et génèrent un sentiment de culpabilité face à des situations dont il n’est pas responsable. Elles se construisent dans le tissu de ses premières relations et de ses expériences affectives, dans l’espace intersubjectif qui le relie à ses parents.
L’enfant peut alors éprouver une souffrance dont il ne comprend pas l’origine et l’inscrire dans une représentation de lui-même. Il peut se vivre comme rejeté, insuffisamment aimé ou responsable de ce qui se passe dans la relation, sans pouvoir encore distinguer ce qui relève de son propre vécu de ce qui appartient à l’autre.
L’histoire familiale et la construction psychique de l’enfant
L’enfant grandit dans une famille qui possède sa propre histoire.
Les parents peuvent eux-mêmes être traversés par des émotions, des conflits ou des événements qui continuent d’agir sur leur manière d’être en relation, parfois sans qu’ils en aient pleinement conscience.
Une séparation, un deuil, un abandon, une rupture, une histoire familiale douloureuse ou un événement resté silencieux peuvent modifier la manière dont les relations se construisent.
L’enfant perçoit les tensions et les mouvements émotionnels de ses parents sans en comprendre le sens. Lorsque ceux-ci ne peuvent pas mettre de mots sur ce qu’ils vivent, ce qu’ils traversent ou sur certains pans de leur histoire familiale, l’enfant élabore ses propres explications et construit une réalité psychique qui donne sens à ce qu’il éprouve.
Ce qui se joue dans ces relations ne relève pas d’une intention consciente. Observer ces dynamiques permet de mieux saisir comment les interactions entre l’enfant et son entourage participent à sa construction psychique et à celle de la relation qui les unit.
La thérapie émotionnelle : offrir à l’enfant un autre espace
Lorsque nous recevons un enfant, nous cherchons à repérer ce qui peut être à l’œuvre derrière ce qu’il exprime.
À l’école, à la maison ou dans ses activités, l’enfant est souvent défini à travers des qualificatifs : sage, gentil, turbulent, difficile, opposant, intelligent, sensible…
L’espace thérapeutique lui permet de rencontrer, en la personne du thérapeute, un adulte qui l’accueille dans ce qu’il ressent, sans jugement de valeur et avec bienveillance.
Le travail émotionnel ne vise pas à faire disparaître les manifestations affectives de l’enfant. Il lui permet, au contraire, d’exprimer ses émotions et ses sentiments. Il expérimente au sein de cet espace que la colère, la peur ou le désaccord sont des sentiments légitimes, qu’ils ne le définissent pas et qu’il a droit à toutes ses pensées, même s’il ne peut pas transgresser les interdits.
En pouvant progressivement mettre des mots sur ce qui le traverse, l’enfant peut donner une forme à ce qu’il éprouve. Ce qui se manifestait jusque-là à travers ses comportements devient progressivement pensable et peut s’élaborer.
Il peut alors intégrer que ses émotions ne disent pas qui il est : être en colère ne fait pas de lui un enfant « méchant », pas plus qu’avoir peur ne fait de lui un enfant « faible ».
Lorsqu’un enfant se juge à travers ce qu’il ressent, la souffrance peut être importante. Elle alimente alors une colère dont ni lui ni ses parents ne comprennent l’origine, alors que celle-ci trouve notamment sa source dans l’image qu’il a de lui-même.
C’est souvent cette colère, lorsqu’elle devient intense, répétitive ou difficile à contenir, qui amène les parents à consulter. Le travail thérapeutique va explorer ce qui l’alimente.
Il ne s’agit pas de tout accepter ni de supprimer les limites dont l’enfant a besoin. Il s’agit de distinguer l’enfant de ce qu’il fait, et d’être attentif à ce qui peut se jouer derrière certaines de ses réactions.
La place des parents dans la thérapie émotionnelle
L’enfant se construit dans la relation avec son entourage. Le travail émotionnel ne concerne donc pas uniquement l’enfant.
La manière dont les parents comprennent ce qui se passe, réagissent à ses comportements et vivent eux-mêmes certaines situations peut également être importante.
Il est important que les parents soient associés au travail avec l’enfant.
Il ne s’agit pas de rechercher ce qu’ils auraient « mal fait », mais de mieux comprendre les interactions qui se mettent en place. Cette compréhension peut leur donner des repères pour regarder autrement certaines réactions de leur enfant et, progressivement, modifier leur manière d’y répondre.
Thérapie émotionnelle pour enfants
Si les réactions de votre enfant vous inquiètent, vous épuisent ou deviennent difficiles à comprendre, un premier échange peut permettre de faire le point sur ce qu’il traverse et sur ce qui pourrait lui être proposé dans le cadre d’un accompagnement en Dynamique Émotionnelle.
Lucie Arnulf
Thérapeute en Dynamique Émotionnelle
Mail : conscience.emotionnelle@gmail.com
Réservation possible via Calendly et/ou par téléphone 06 12 33 13 39