Thérapie Émotionnelle – Lucie Arnulf

Ne plus ressentir ses émotions : pourquoi ?

 

jeune femme souriante ayant retrouver sa capacité à ressentir ses émotion en thétapie
Se reconnecter, à soi, à ses émotions

Émotions bloquées : pourquoi certaines personnes ne ressentent-elles plus leurs émotions ?

Certaines personnes consultent parce qu’elles souffrent de ne plus être en contact avec leurs émotions.

Elles racontent leur histoire, analysent leurs difficultés et comprennent ce qui leur arrive, mais restent à distance de ce qu’elles éprouvent. Elles ont conscience d’une situation douloureuse, mais ne parviennent pas à entrer en contact avec l’émotion qu’elle génère.

D’autres racontent précisément les faits, de manière très détaillée, mais lorsqu’il s’agit de répondre à une question simple :

« Qu’est-ce que vous ressentez ? »

Il y a comme un blanc.

« Je ne sais pas. »
« Rien. »
« Ça va. »
« Je ne ressens rien. »

Cette difficulté prend différentes formes : une émotion peut être bloquée, refoulée, ou le contact avec l’affect peut être interrompu.

Il ne s’agit donc pas nécessairement d’une absence d’émotion, mais d’une coupure avec une partie de la vie affective.

Pourquoi devient-il difficile d’identifier ce que l’on ressent ?

Cette difficulté trouve parfois ses racines dans les premières relations. Lorsque certaines expériences émotionnelles sont rejetées, interdites ou trop douloureuses, l’enfant apprend à les tenir à distance. Avec le temps, cette mise à distance peut s’inscrire durablement dans le fonctionnement psychique.

Le sujet perd progressivement l’accès à une partie de son expérience affective. Il ne ressent plus clairement ce qui se passe en lui.

En Dynamique Émotionnelle, cette coupure est désignée par le terme d’anesthésie affective.

Quand certaines expériences deviennent trop douloureuses

Certaines expériences sont trop douloureuses pour pouvoir être intégrées au moment où elles surviennent.

Un traumatisme, un abandon, une perte ou des expériences relationnelles douloureuses confrontent le sujet à des affects trop intenses pour être psychiquement élaborés sur le moment.

Le Moi met alors en place une protection. Une partie de l’expérience est tenue à distance afin d’éviter l’effroi et la submersion par l’affect.

Ne plus ressentir une partie de ses émotions constitue une manière pour la psyché de se protéger.

Cette protection peut s’inscrire durablement dans le fonctionnement psychique et maintenir à distance une partie de l’expérience affective.

Isolation de l’affect : quand le souvenir reste mais que l’émotion s’en sépare

En psychanalyse, l’isolation de l’affect désigne notamment la séparation entre la représentation ou le souvenir d’un événement et l’affect qui lui était associé.

Une personne peut ainsi raconter avec précision un événement douloureux sans ressentir véritablement la tristesse, la peur ou la colère qui l’accompagnaient.

Le souvenir reste présent. L’affect est isolé.

Il ne s’agit donc pas d’une absence d’émotion, mais d’une séparation entre l’affect et la représentation à laquelle il était lié.

Dissociation et clivage : lorsque la coupure avec l’expérience psychique devient plus profonde

Dans certaines situations traumatiques, la coupure avec l’expérience vécue prend une forme plus profonde.

La dissociation désigne une perturbation de l’intégration habituelle de différents aspects de l’expérience psychique. Elle concerne notamment la conscience, la mémoire, la perception de soi ou l’expérience émotionnelle.

Le clivage est un concept psychanalytique différent. Il ne désigne pas simplement une coupure avec les émotions, mais une séparation de différentes parties de l’expérience psychique qui restent difficilement intégrables.

Ces notions ne sont donc pas synonymes.

Une inhibition de l’expression émotionnelle, un refoulement, une intellectualisation, une isolation de l’affect, une anesthésie affective ou un phénomène dissociatif correspondent à des fonctionnements psychiques différents.

Le fait de ne plus ressentir clairement ses émotions ne suffit donc pas, à lui seul, à déterminer le mécanisme psychique en jeu.

Quand la coupure avec les émotions devient une coupure avec soi

Lorsque cette coupure s’installe durablement, elle ne concerne plus seulement l’accès à certaines émotions.

Le contact avec ce qui touche, ce qui fait peur, ce qui met en colère, ce qui donne du plaisir, ce qui est désiré ou refusé devient plus difficile.

La personne éprouve des difficultés à distinguer ce qu’elle ressent de ce qu’elle pense devoir ressentir.

Cette distance affecte également la relation aux autres. Être en relation suppose de pouvoir être touché par ce qui vient de l’autre, mais aussi de rester en contact avec ce qui se passe en soi dans cette rencontre.

La souffrance tient alors à la perte progressive du contact avec une partie de soi.

Quand une expérience ancienne continue d’agir dans le présent

Une situation présente peut réveiller une réaction dont l’intensité est disproportionnée.

Une remarque, une séparation, un sentiment de rejet ou un conflit peuvent ainsi être vécus avec une intensité surprenante, qui déborde la personne.

À l’inverse, une situation qui suscite normalement une émotion importante peut provoquer une absence de réaction, voire une sidération.

Dans un cas, l’affect déborde les capacités habituelles du sujet à le contenir. Dans l’autre, l’accès à l’affect reste coupé.

Ainsi, des expériences anciennes non intégrées se réactivent dans une situation présente. Le passé continue d’agir dans le présent sans être reconnu comme tel.

Comment retrouver l’accès à ses émotions lorsqu’on en a été longtemps coupé ?

Le travail thérapeutique en Dynamique Émotionnelle permet au patient de retrouver l’accès au vécu affectif, de ressentir ce qui se manifeste dans le présent et d’entrer en contact avec ce qui a été tenu à distance.

L’accompagnement du thérapeute et sa capacité à soutenir le patient dans sa dimension affective, que nous appelons en Dynamique Émotionnelle l’affect accompagné, le forage émotionnel, qui consiste à aller au-delà du récit, de l’explication et de la rationalisation, ainsi que les outils spécifiques de la Dynamique Émotionnelle, comme la mantrathérapie, participent à ce travail, en séance individuelle comme en groupe, dans une relation thérapeutique bienveillante et contenante.

Au fil du travail, l’affect jusque-là maintenu à distance retrouve une voie d’expression et une possibilité de liaison avec les représentations dont il avait été séparé. Ce travail de liaison permet une transformation de l’expérience émotionnelle et son intégration dans l’organisation psychique.

Ce travail demande du temps : le temps nécessaire au patient pour s’autoriser à ressentir des vécus qui ont parfois été très douloureux. C’est un chemin vers soi, profondément enrichissant.

 

 

Lucie Arnulf
Thérapeute en Dynamique Émotionnelle
Mail : conscience.emotionnelle@gmail.com
Réservation possible via Calendly et/ou par téléphone 06 12 33 13 39

 

 

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