Thérapie émotionnelle

Dynamique Emotionnelle Exprimée, thérapie de groupe et individuelle – Paris, Lyon

Qu’est ce que le cerveau émotionnel, ou système limbique ?

  • L’hippocampe: consolide la mémorisation des informations modulées par l’amygdale
  • L’hypothalamus : lié au système nerveux autonome, il est responsable de la régulation des réflexes et des comportements vitaux pour l’organisme (alimentaires, sexuels, thermorégulation …) de défense (agressivité, fuite, …), de stress, etc.
  • Le thalamus: il a principalement une fonction de relais et d’intégration des afférences sensitives. Il joue un rôle dans la régulation de la conscience, il envoie simultanément les stimuli vers le cortex pour y être traités en profondeur : la mémoire explicite va identifier l’objet, le rattacher à un concept et via l’hippocampe le contextualiser (bâton, sous-bois, herbe dans l’exemple plus bas, suffisent à déclencher l’alerte).
  • L’amygdale: du latin amygdala qui signifie amande, sont deux noyaux qui se situent de part et d’autre des deux hémisphères cérébraux, dans la partie antérieure du lobe temporal. Elle est impliquée dans la reconnaissance, l’évaluation émotionnelle et la réponse apportée aux stimuli sensoriels transmis par les différents cortex (visuel, auditif, olfactif, etc…). Elle est garante des apprentissages associatifs avec son réseau de souvenirs implicites, avec des valeurs positives ou négatives.

En 1997 Joseph Ledoux découvre le rôle de ces noyaux dans les réponses comportementales et végétatives associées à la peur. Ces réponses, confirmées par la neurobiologie sont les suivantes :

Un partie  du cortex préfrontal  va analyser les différents stimuli -olfactifs, visuels, auditifs- qui occasionnent une réaction de peur, pour transmettre instantanément les informations à l’amygdale ; celle-ci va alors initier des réponses émotionnelles et physiologiques, sa fonction essentielle étant de décoder tous stimuli qui pourraient être menaçants pour l’organisme.
Après analyse et selon la situation d’urgence vitale, le cortex va modérer ou maintenir la réponse de l’amygdale sur les structures cérébrales responsables de l’expression physiologique de peur, en lui renvoyant des signaux excitatifs ou d’apaisement.

Deux circuits essentiels entrent en jeu dans la transmission des information sensorielles :
– un circuit court, thalamo-amygdalien et
– un circuit long, thalamo-cortico-amygdalien

En cas de danger avéré ou potentiel, le circuit court est instantanément activé et génère l’activation immédiate de l’amygdale, avant même que le danger soit analysé :  le corps réagit par réflexe avec une levée de stress qui active les mécanismes de protection.
Dans une seconde phase, après que les informations sensorielles sont arrivées à l’amygdale, elles font retour vers le cortex pour être analysées, traitées,  comparées à d’autres informations mémorisées dans l’hippocampe et issues de l’apprentissage et de l’expérience : s’il n’y a pas de danger, la voie longue, thalamo-cortico-amygdalienne, corrige et module l’activation de l’amygdale, ralentit les processus physiologique et émotionnels activés par l’évènement stressant. L’état du corps revient à la normale.

– Une réponse comportementale: sursaut, évitement, fuite, -ou immobilisation.
– Activation  du système nerveux autonome sympathique par sécrétion de cortisol qui prépare l’organisme à réagir au danger,  et  endocrinien, qui mobilise l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, préparant, par sécrétion d’adrénaline, à l’action.
– Une réponse motivationnelle par action sur le noyau accumbens qui active le circuit récompense/renforcement par libération de dopamine (précurseur de la motivation nécessaire à la réalisation d’actions ou de comportements adaptés, face au danger entre autres)

A la suite d’une expérience émotionnelle forte, impliquant un danger potentiel, mais se révélant bénigne, l’hippocampe va intégrer la mémoire de l’évènement, la transformer en mémoire explicite, autobiographique, l’individu pourra la raconter, en rire, s’en servir ; elle a été métabolisée, elle est enregistrée comme nouvelle donnée expérientielle dans l’hypothalamus.

Dans les cas traumatiques (que nous rencontrons chez des patients en DEE), le cours des événements ne se déroule pas ainsi : les traumatismes,  les situations douloureuses, les vécus dans la peur, dénués de sens, inconcevables, finissent par faire s’effondrer les certitudes humaines en confrontant à la mort ou à la peur de la mort : du fait de la sidération qui découle d’un évènement où toute échappatoire est ou semble impossible, la réponse émotionnelle reste maximale : le circuit thalamo-cortico-amygdalien ne gère plus les informations afférentes et efférentes entre les différentes instances de régulation. Il ne peut plus s’appuyer sur les représentations du cortex associatif, ni mobiliser via l’hippocampe les souvenirs qui permettraient l’analyse et la compréhension des évènements.

Quand le stress est dépassé, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, constamment stimulé, produit et libère de grands taux de cortisol et le système nerveux autonome sympathique des taux d’adrénaline importants, nocifs pour l’organisme. Malgré l’arrêt de l’évènement stressant, ou malgré la défense mise en place par la suite, l’amygdale et le circuit émotionnel vont rester activés sans possibilité d’inhibition, ce qui provoque un risque vital pour l’organisme en danger de survoltage.

Le circuit du stress va  « disjoncter » . La production de neuromédiateurs, d’endorphines, provoque une anesthésie physique et psychique de la souffrance. L’amygdale se déconnecte du cortex associatif qui ne reçoit plus d’information émotionnelle. Cependant les stimuli traumatiques vont continuer d’arriver via le thalamus au cortex sensoriel, ils vont être traités par le cortex associatif mais sans connotation émotionnelle, sans souffrance psychologique, sans souffrance physique, ce qui va donner une impression d’étrangeté, d’irréalité, de dépersonnalisation : c’est la dissociation.

L’amygdale est également déconnectée de l’hippocampe qui ne va plus recevoir le contenu de la mémoire implicite émotionnelle. Cette dernière ne pourra pas, soit totalement, soit partiellement, être transformée en mémoire déclarative autobiographique et affective, d’où des troubles de la mémoire pouvant aller jusqu’à une amnésie traumatique totale.
La mémoire émotionnelle piégée devient l’origine d’un circuit de peur conditionnée permanent dont l’extinction ne peut pas se faire, le cortex associatif et l’hippocampe ne pouvant jouer leurs rôles modulateurs : cette déconnexion de l’amygdale est à l’origine d’une mémoire traumatique.

Processus addictifs pour éviter la douleur

Les processus qui sous tendent les addictions font partie des mêmes mécanismes : les sujets vont rechercher toutes les conduites qui vont leur permettre de se dissocier du ou des événements traumatiques pour éviter la douleur. Ces conduites finissent par devenir des addictions mises en place pour se couper de la mémoire traumatique et pour éviter qu’elle resurgisse.
Cependant, si ces conduites permettent de ne plus ” se sentir” en se coupant de soi, elles  se rajoutent  systématiquement à la mémoire émotionnelle (l’amygdale déconnectée de l’hippocampe, garant de la mémoire explicite) qui a provoqué le traumatisme, entrainant le sujet dans un cercle vicieux de dépendance et de mise en danger, d’incompréhension et de mal être profond :  le patient a toujours mal, ne le sent pas, tout du moins pas dans la dimension réelle, mais son corps cependant continue à être agi par des états de stress dépassés qui altèrent sa santé psychique et physique.

En quoi la connaissance de ces mécanismes est importante pour l’émotionnelle ?

Ces processus biologiques me semblent expliciter l’efficacité qui sous-tend mon travail en thérapie émotionnelle.

Ils permettent de comprendre, de conceptualiser les mécanismes et compulsions de répétitions, les processus addictifs et à risque que nous rencontrons chez certains de  nos patients,  et par là même, cette compréhension facilite  leur accompagnement efficace.

Des patients qui consultent souvent pour des angoisse disséquentes qui perdurent,  des vécus douloureux de l’enfance, des maltraitances, des abus de pouvoir, des abus sexuels… qui se répètent et qu’ils revivent encore à l’âge adulte, souvent sans les relier directement. Les mécanismes de sidération, les sentiment de dépersonnalisation, de déréalisation, de clivage des émotions, de déni de la réalité et de compulsions de répétition seront semblables à ceux  retrouvons dans les états de stress post traumatique décrits ci dessus.

Muriel Salmona, Psychiatre, parlant des conduites dissociantes : “Il est alors nécessaire, pour faire cesser cet état et s’anesthésier, d’obtenir coûte que coûte une disjonction en faisant augmenter la quantité de drogues dissociantes” :  en se droguant ou en s’alcoolisant, ou en aggravant le stress pour faire disjoncter le circuit émotionnel !

Comment la  thérapie émotionnelle agit-elle ?

La dynamique va agir au niveau du cerveau émotionnel par remise  en circulation des affects engrammés qui tournent en boucle sans voie de sortie, déconnectés du cortex, sans sens, sans mémoire explicite : la mantrathérapie@,  (technique mise au point par le Dr Jalenques), consiste en une répétions par le patient d’une phrase que le thérapeute tire de son discours et qui révèle les signes d’affects coincés ou refoulés ; le thérapeute va amener le patient à ‘forer’ en profondeur les émotions qui se présentent,  pour libérer les affects bloquées. Qui dit affects bloqués dit positions ou comportements bloqués, inhibitions, mal être, maladies, troubles relationnels…

Ce travail permet au patient de lier  l’émotion à l’événement ou aux pans de son histoire qui n’avaient jusqu’alors pu être conscientisés  ; des représentations anciennes, primaires, enfouies,  vont ressurgir au fur et à mesure du travail et libérer la charge émotionnelle agissante -souvent à l’insu de la conscience. La but est d’amener à l’abréaction et à la conscientisation du vécu : la mémoire émotionnelle se libère, le sujet se reconnecte à son histoire, la re-découvre parfois.  Les émotions refoulées, voire clivées, vont émerger amenant à la catharsis. Elles seront en quelque sorte ‘métabolisées’.

La mémoire émotionnelle, bloquées dans les processus de stress dépassés, va pouvoir  être corticalisée là ou cela n’avait pu se faire, libérant du stress dépassé généré par l’amygdale,  donnant du sens à l’histoire singulière, là où il n’y en avait plus.

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