Thérapie émotionnelle

Dynamique Emotionnelle Exprimée, thérapie de groupe et individuelle – Paris, Lyon

Déclencheur et cause de l’émotion

Nous confondons souvent la cause et le déclencheur de nos émotions :  

Lorsque un événement provoque une émotion qui nous dépasse, nous met hors de nous,  éveille  une peur bien plus  importante qu’elle ne le devrait, sans raison suffisante,  on peut se poser la question de la réalité  de ce qui est vécu, des fondements de ce qui génère ces troubles.

Dans cet exemple nous voyons un patient qui se sent systématiquement inquiet en allant au bureau car il est confronté au visage fermé de son n+1, à sa mauvaise humeur ou ses remarques acerbes, situation qui ne devrait être vécue, au fond, que comme désagréable mais qui génère chez lui une véritable hantise, au point de lever de l’angoisse et l’amener à un état dépressif avec sentiment de persécution, sans savoir pourquoi il se sent si mal, “après tout”.

Nous pouvons envisager que ce qui est en train de se jouer pour ce patient c’est que la confrontation avec son patron réactive des situations similaires anciennes, non seulement oubliées mais surtout inconscientes.

Cette situation qui se répète au bureau n’est qu’un déclencheur pour notre patient, qui occulte le vécu, désagréable, douloureux, triste, etc.,  de l’enfant qu’il était, face, par exemple, à un parent en colère qui s’assombrissait lorsqu’il ne répondait pas à ses attentes : la réaction parentale, ressentie comme un rejet, une cassure dans le continuum de l’amour, finit par générer à chaque événement semblable, -ici la mauvaise humeur et le visage fermé du patron-, une réaction de peur liée au sentiment d’abandon que l’enfant vivait.
Adulte, la peur peut être d’autant plus forte que l’enjeu relationnel sera important.

Le travail thérapeutique en émotionnel est d’accompagner le patient dans l’exploration de ses émotions, en commençant par “cibler” sa position : il pourra lui être proposé de faire un tour de groupe en demandant à chaque participant : “Est ce que tu vois, quand je dis que j’ai peur de mon patron, que je confonds la cause et le déclencheur ?
Alors que lui-même est souvent aveuglé sur sa position, les autres la voient beaucoup plus facilement, n’étant pas tous concernés par le même genre de problème. En cela le groupe est enrichissant, il renvoie chacun à ses positions cachées, ses points aveugles, chaque participant devenant un miroir où chacun peut se reconnaitre avec ses propres spécificités, dans l’autre.

Le fait de prendre conscience que quelque chose se joue et se rejoue là, en forme de réflexe et de répétition, que la cause n’est pas dans l’attitude de l’autre, mais qu’elle provient de sa propre histoire personnelle, lui permettra de lâcher ce conditionnement ; mais cette prise de conscience ne s’obtient que par un travail émotionnel que le thérapeute va cibler, initier, susciter chez son patient, en développant la gamme de ses émotions, – peur, tristesse, douleur, sentiments d’incompréhension, d’abandon,- etc., générés par l’événement déclencheur.
Une fois cette gamme émotionnelle suffisamment travaillée, l’affect se dénoue : les émotions, métabolisées, s’élaborent,  l’affect ancien qui était en cause ne déclenche plus ni mal être ni douleur.

Il ne s’agit pas de passer par une compréhension intellectuelle, inefficace en ce qui concerne la vie émotionnelle -l’intellect ayant tendance à couper des émotions- mais par une prise de conscience intrapsychique qui amène à la transformation et à la libération des peurs anciennes réactualisées par des déclencheurs.  Cette prise de conscience passe par la voie émotionnelle.

 

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