-

Emotions , sentiments et affects Les émotions occupent une place essentielle dans notre vie psychique. Elles nous permettent de ressentir ce que nous vivons, d’entrer en relation avec les autres et de nous situer dans notre environnement.
Nous parlons souvent d’émotions, de sentiments et d’affects comme s’il s’agissait de la même chose. Pourtant, ces trois notions désignent des dimensions différentes de l’expérience psychique.
Comprendre ces différences permet de mieux saisir ce qui se joue dans notre vie intérieure, mais aussi ce qui peut rendre certaines émotions difficiles à ressentir ou à exprimer.
Sommaire
- Émotions, sentiments et affects : quelles différences ?
- L’émotion : une expérience immédiate
- Le sentiment : une expérience qui s’inscrit dans le temps
- L’affect et la pulsion dans la vie psychique
- L’intelligence émotionnelle
- Lorsque l’accès aux émotions devient difficile
- Le rôle de la Dynamique Émotionnelle Exprimée®
- Conclusion
Émotions, sentiments et affects : quelles différences ?
Une émotion surgit dans une situation donnée et nous met directement en contact avec ce que nous vivons. Un sentiment s’inscrit davantage dans la durée et dans notre histoire personnelle. L’affect renvoie à ce qui est éprouvé sur le plan émotionnel, parfois sans que nous puissions immédiatement en identifier l’origine.
Ces dimensions sont étroitement liées. Une émotion peut nourrir un sentiment, un sentiment peut réactiver des émotions et un affect peut continuer à agir alors même que ce qui l’a provoqué reste difficile à reconnaître.
Cette distinction devient particulièrement intéressante lorsqu’on cherche à comprendre pourquoi nous ressentons parfois quelque chose très fortement sans parvenir à l’expliquer.
L’émotion : une expérience immédiate
L’émotion apparaît lorsqu’une situation, une rencontre, un souvenir ou une perception nous touche.
La peur nous alerte, la colère nous mobilise, la tristesse accompagne une perte, la joie nous rapproche de ce qui nous fait du bien. L’émotion donne ainsi une tonalité particulière à ce que nous vivons.
Elle engage le corps et la vie psychique. La respiration change, le cœur s’accélère, les muscles se contractent, la voix se modifie. Des images, des souvenirs ou des pensées peuvent également surgir.
L’émotion s’exprime avant même que nous ayons nécessairement les mots pour la décrire.
Elle joue aussi un rôle essentiel dans la relation. Un regard, un visage, une voix, un geste ou une attitude transmettent quelque chose de notre état intérieur et nous permettent de percevoir ce qui se passe chez l’autre.
L’émotion est donc à la fois une expérience intérieure et une manière d’entrer en relation.
Le sentiment : une expérience qui s’inscrit dans le temps
Le sentiment s’installe davantage dans la durée.
L’amour, l’attachement, la haine, la honte, la culpabilité, la jalousie ou le sentiment d’abandon ne correspondent pas simplement à une émotion qui apparaît puis disparaît. Ils se construisent au fil des expériences et prennent place dans notre histoire.
Le sentiment participe ainsi à notre manière de nous représenter nous-mêmes, d’investir les autres et de vivre nos relations.
Il donne une continuité à notre expérience affective.
Notre histoire personnelle intervient dans cette construction. Une même situation ne prend pas la même signification pour chacun et ne suscite pas nécessairement les mêmes sentiments.
L’affect et la pulsion dans la vie psychique
Le terme d’affect appartient particulièrement au vocabulaire psychanalytique.
Chez Freud, l’affect désigne ce qui est éprouvé sur le plan psychique lorsqu’une pulsion se manifeste. Il est lié à une représentation, mais l’affect et la représentation peuvent se séparer sous l’effet du refoulement.
Une représentation — un souvenir, une image, une pensée ou une situation — peut ainsi devenir inaccessible à la conscience alors que l’affect qui lui est associé continue d’agir.
C’est ce qui permet de comprendre certaines expériences difficiles à expliquer : une personne ressent une angoisse, une colère ou une tristesse avec intensité sans savoir précisément à quoi elle se rattache.
L’affect est là, mais la représentation qui lui était liée reste inaccessible.
La pulsion
La pulsion constitue un concept fondamental de la psychanalyse. Freud la situe à la frontière entre le somatique et le psychique. Elle désigne une poussée interne, issue du corps, qui cherche une voie de satisfaction.
La pulsion n’est donc ni un simple besoin biologique ni une émotion. Elle correspond à une organisation psychique de l’énergie qui met en mouvement le sujet, ses désirs, ses investissements et ses représentations.
Paul Denis approfondit cette conception en considérant que la pulsion se construit dès les débuts de la vie, à partir d’une première élaboration psychique de l’énergie libidinale.
Il distingue notamment deux courants qui participent à cette organisation : l’emprise et la satisfaction.
Le courant d’emprise renvoie à la recherche de contact, à l’action sur l’objet et à la volonté de le maîtriser. Le courant de satisfaction s’organise autour des zones érogènes et de l’expérience de satisfaction dans la relation avec l’objet.
Ces deux courants sont liés et participent ensemble à la construction de la pulsion.
Cette articulation entre corps et psychisme permet de comprendre que notre vie affective ne se réduit pas à ce que nous pouvons consciemment penser ou expliquer.
L’intelligence émotionnelle
L’intelligence émotionnelle désigne la capacité à identifier, différencier, comprendre et exprimer ses propres émotions, mais aussi à percevoir celles des autres.
Elle ne consiste pas simplement à connaître le vocabulaire des émotions.
Savoir dire « je suis en colère » ou « je suis triste » ne signifie pas nécessairement être réellement en contact avec ce que l’on éprouve.
L’intelligence émotionnelle suppose une relation suffisamment vivante avec son monde intérieur. Elle implique de pouvoir reconnaître ce qui se passe en soi, d’en éprouver les manifestations et de lui donner une voie d’expression.
Cette capacité joue également un rôle essentiel dans la relation. Nous percevons les émotions des autres à travers leur voix, leur regard, leur visage, leurs gestes et leurs attitudes.
L’émotion constitue ainsi un véritable langage de la relation.
Lorsque l’accès aux émotions devient difficile
Certaines expériences deviennent difficiles à ressentir ou à exprimer lorsqu’elles sont vécues comme trop douloureuses, trop angoissantes ou impossibles à partager.
La personne apprend alors à mettre à distance ce qui lui fait souffrir.
Elle peut contrôler ses émotions, intellectualiser ce qu’elle vit, éviter certaines situations ou se couper progressivement de son ressenti.
La vie psychique dispose également de différents mécanismes de défense pour maintenir cette distance.
Le déni consiste à ne pas reconnaître une réalité ou une expérience émotionnelle pourtant présente.
Le déplacement reporte sur une autre personne ou une autre situation une émotion qui ne peut pas être exprimée là où elle prend naissance.
Le clivage sépare des aspects contradictoires de l’expérience psychique qui sont difficiles à maintenir ensemble.
Le refoulement maintient hors de la conscience une représentation ou une expérience devenue trop difficile à supporter. Ce qui est refoulé reste cependant actif dans la vie psychique.
La projection consiste à attribuer à l’autre une émotion, une pensée ou un désir que l’on ne parvient pas à reconnaître en soi.
Ces mécanismes ont une fonction de protection. Ils deviennent source de souffrance lorsqu’ils maintiennent durablement certaines expériences émotionnelles hors d’accès.
La personne peut alors comprendre son histoire, analyser ses réactions et expliquer ce qu’elle vit tout en restant éloignée de son ressenti.
Le rôle de la Dynamique Émotionnelle Exprimée®
En Dynamique Émotionnelle Exprimée®, la personne et son histoire sont au cœur du travail thérapeutique.
Le travail s’appuie sur ce qui se manifeste dans le présent : une émotion, une sensation, une réaction, une image, une association ou quelque chose qui se joue dans la relation thérapeutique.
L’association affective permet de partir de ce qui est éprouvé pour retrouver les expériences auxquelles ce ressenti est lié.
Le travail thérapeutique ne repose donc pas uniquement sur l’association d’idées et la compréhension intellectuelle. Il cherche à retrouver le vécu émotionnel lui-même.
Lorsqu’un affect ancien continue à agir sans être accessible à la conscience, il peut se manifester dans le présent sous la forme d’une réaction, d’une émotion ou d’un mal-être dont l’intensité paraît difficile à comprendre.
Retrouver cet affect et lui permettre de s’exprimer ouvre une autre voie de transformation.
L’expression émotionnelle permet à ce qui était resté empêché de trouver une place dans l’expérience présente. Elle permet également la métabolisation de l’affect.
C’est dans cette perspective que la Dynamique Émotionnelle Exprimée® donne une place centrale à l’expression émotionnelle.
Conclusion
Émotions, sentiments et affects désignent différentes dimensions de notre vie psychique.
L’émotion nous met directement en contact avec une expérience. Le sentiment s’inscrit davantage dans la durée et dans notre histoire. L’affect renvoie à ce qui est éprouvé et peut continuer à agir alors même que la représentation qui lui était associée reste inaccessible.
La compréhension intellectuelle de notre histoire ne suffit pas toujours à retrouver ce qui est vécu sur le plan affectif.
En Dynamique Émotionnelle Exprimée®, le travail thérapeutique permet de retrouver l’accès au ressenti et d’exprimer les affects qui étaient restés empêchés.
Lucie Arnulf
Thérapeute en Dynamique Émotionnelle
Mail : conscience.emotionnelle@gmail.com
Réservation possible via Calendly et/ou par téléphone 06 12 33 13 39
