Thérapie émotionnelle

Dynamique Emotionnelle Exprimée, thérapie de groupe et individuelle – Paris, Lyon

Quelles sont les règles de la dynamique émotionnelle ?

La position d’Etienne Jalenques est claire : L’homme est un être d’apprentissage[1], un être d’expérience. S’il commet des atrocités, il ne s’agit pas d’instincts dévoyés (ou de pulsions de mort) mais la résultante d’un manque d’apprentissage, ou d’apprentissages incomplets ou même perdus par un moi immature et figé ».

La destructivité, comme perte de conscience de Soi, résulterait de raisonnements erronés, de positions fausses. Quels que soient ses comportements, tout sujet retire un bénéfice secondaire de ce qu’il fait : le désir de passer à l’acte le plus extrême, qu’il soit tourné contre lui ou projeté vers autrui, peut lui laisser espérer l’apaisement de sa douleur, de sa souffrance.
Les actes les plus négatifs sont des réponses à sa recherche de bien être, de bonheur. L’homme jaloux qui tue un rival le fera dans l’espoir pernicieux de trouver le soulagement de sa jalousie par le meurtre ; l’individu qui se suicide cherche avant tout à mettre fin à sa douleur. Voici ce que pourrait être le discours inconscient d’un sujet aux prises avec sa ‘violence destructrice’ : « Je désire tuer l’autre dans l’espoir que l’émotion, le désespoir qui m’habite, la douleur qu’il éveille en moi, que je me fais vivre avec lui et qui me blesse, cesse avec sa mort. Lorsqu’il aura disparu peut-être atteindrai-je la paix ? Peut-être pourrais me préserver du même sort pour ne plus ressentir la douleur, la colère et la haine que je ressens ?)

La dynamique Emotionnelle revendique donc que toute agressivité projetée est encore Amour de soi, puisqu’elle protège le sujet de sa propre violence, et que l’homme n’est nullement habité par des pulsions de mort ; il est en recherche de bonheur et les voies qu’il prend, aussi erronées soient-elles sont des tentatives en ce sens.

Comment la DEE, accompagne-t-elle avec les patients ‘qui répètent’ ?

Etienne Jalenques postule qu’il y a en nous ce qu’il nomme un « convertisseur psychique »[1], espace vivant de transformation, de métabolisation des différentes formes affectives, « cœur psychique et cerveau affectif » dont le rôle est de maintenir la « réversibilité thymique»[2], c’est-à-dire la capacité à vivre et à expérimenter les émotions et sentiments en tant que sujet expérientiel, capable de se ressentir et de se sentir ressentant, sans identification ni adhésion à ses affects. « Tant que le convertisseur fonctionne librement les sentiments naissent, se développent, circulent pour faire place à d’autres. Certains acquièrent une certaine permanence, le sentiment d’amour que l’on ressent pour quelqu’un par exemple »[3].

Lorsque le patient est bloqué sur des émotions qui reviennent répétitivement, lorsqu’il revient sans cesse sur des affects figés, qu’il s’identifie à ses ressentis, c’est signe pour le thérapeute que le convertisseur est bloqué, qu’il dysfonctionne, que le Moi, outil d’adaptation au monde[4], n’occupe plus ses fonction mais interfère avec cet appareil.

Ces fondements de la répétition sont, pour la dynamique émotionnelle, une tentative « de retour vers soi ». Loin des pulsions de mort, il s’agit d’un mécanisme qui répète pour essayer de réparer : ça répète pour être entendu du sujet.

Cette répétition est un signal et un outil pour le travail d’accompagnement : la DEE va utiliser la matière amenée par le patient, symptômes, répétitions, blocages, en postulant que cette matière « parle » de ce que dit (ou ne dit pas) le patient et qu’il vit comme seule et vrai réalité.

La DEE « part de l’existant », accentue la répétition pour remettre en marche le convertisseur psychique grâce à la mantrathérapie[5] et à la technique de l’affect accompagné[6].

[1] E. Jalenques fait l’hypothèse d’un « organe, entité affective ayant une existence propre, animés de mouvements spécifiques, qui convertiraient l’affect, c’est-à-dire qu’ils les transformeraient selon une alchimie précise en forme affective de plus en plus élaborée ». E. Jalenques et M.P Chambrette, Dynamique émotionnelle ou des règles du je(u) 1999, éd. Mariette Guéna P.81.

[2] ». E. Jalenques et M.P Chambrette, Dynamique émotionnelle ou des règles du je(u) 1999, éd. Mariette Guéna, P.196 : « Capacité à vivre ses affects, ses émotions, ses sentiments comme des expériences qui mobilisent tout en gardant sa position de sujet intègre et intact….capacité acquise de passer des unes aux autres sans adhérence particulière »

[3] E. Jalenques et M.P Chambrette, Dynamique émotionnelle ou des règles du je(u) 1999, éd. Mariette Guéna, P.83

[4] ID. P.195 : En DEE le moi est considéré comme un outil d’adaptation et de régulation permettant les rééquilibrages du sujet par rapport au monde environnent, sa mobilité est acquise avec la libre circulation des affects, des émotions et des sentiments.

[5] Id. P.195 :« Activation par une répétition volontaire d’un élément signifiant dans le discours du patient ; cet élément devient le matériau thérapeutique »

[6] Id. P.191 : « Tactique thérapeutique caractérisée par l’accompagnement affectif et émotionnel du patient. Le thérapeute utilisant ses propres affects et émotions met ses forces psychiques au service du patient. Il utilise ses propres sentiments et fantasmes pour l’accompagner dans les consciences de lui-même. Et le thérapeute demande au patient de l’accompagner l’accompagnant »

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