Thérapie émotionnelle

Dynamique Emotionnelle Exprimée, thérapie de groupe et individuelle – Paris, Lyon

Complexe d’œdipe et masochisme : vue freudienne dans « Un enfant est battu »

Dans son écrit “Un enfant est battu”, Freud constate qu’il se présente distinctes et différentes phases dans le fantasme d’être battu -qu’il retrouve chez certaines de ses patients- , chez le garçon comme chez la fille :

Chez la petite fille la première et la troisième phase sont conscientes, elles ont une connotation sadique :

  1. Dans la première phase du fantasme :  un enfant (quelconque) est battu.
  2. La deuxième phase qui reste inconsciente, est à connotation masochique, c’est la fille qui fantasme qui est elle-même battue par le père.
  3. La troisième phase de son fantasme a été transformée, ce sont alors uniquement des garçons qui sont battus.

Chez les garçons le fantasme se joue de façon différente :

La première phase chez le garçon est inconsciente -comme pour la deuxième chez la fille- et se définit par « Je suis battu par le père ».

(Ce qui signifie : ‘je suis donc aimé par le père’, puisque être battu est un substitut à l’amour, être battu, « c’est aussi bien être aimé au sens génital du terme », nous dit Freud)

Cette première phase est transformée en un « Je suis battu par la mère ». Ainsi le fantasme conscient du garçon -qui correspond à la 3e phase chez la fille- a subi une inversion de l’objet, et le désir ics d’être aimé peut rester isolé.

« Le fantasme est maintenant porteur d’une forte excitation qui sans équivoque possible est sexuelle »

Selon Freud, cette position masochique d’être battue correspond, pour la fille comme pour le garçon au complexe d’Œdipe car dérivant du désir incestueux envers le père.

Chez la fille agit la forme positive du complexe d’Œdipe, attirance vers le père, et chez le garçon, sa forme négative, attirance pour le parent du même sexe, donc le père également.

Le désir incestueux est refoulé, il sera transformé et substitué dans le fantasme d’un enfant est battu :

  • chez la fille le père subsiste, mais ce n’est pas elle qui est battue,
  • chez le garçon c’est lui qui est battu, mais ce n’est plus le père qui bat.

Cela induit chez la fille une position sadique qui masque celle masochique d’être battue (et qui l’amène à échapper à une vie amoureuse et lui permet de se fantasmer en tant qu’homme).

Chez le garçon, renversement en son contraire d’une position active à la position passive, masque le désir envers le père : position féminine – sans choix d’objet homosexuel, ce qui lui permet d’échapper à son homosexualité.

Grace à l’analyse, Freud établit que tout ce qui a été frappé par l’amnésie infantile, avant la période de latence, reste actif dans l’inconscient et continue à produire des effets.

Mais s’il y a régression du stade génital à un stade du développement antérieur, sadique anal, les circonstances vont changer dans l’inconscient : ici, ce qui reste en place après le refoulement, ce n’est donc pas le fantasme d’être aimé par le père, mais le fantasme masochiste d’être battu par le père. Et le fait d’être battu n’est pas simple punition d’un désir interdit, il devient substitut régressif, chargé d’excitation libidinale et de culpabilité, mécanisme princeps du masochisme.

Les pulsions sexuelles refoulées reviennent sous forme de formations substitutives et génèrent des troubles : ce qui fait dire à Freud que de la sexualité infantile proviennent la formation de symptômes adulte, que c’est dans la façon de traverser le complexe d’Oedipe que s’édifieront les névroses et qu’il y a fort à parier que les névroses infantiles obéissent aux mêmes règles que celles ultérieures, d’adultes.

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